L'affaire sera
jugée au tribunal de police le mois
prochain. En mars dernier une Sparnacienne a
grillé un feu rouge. Elle conteste
aujourd'hui l'infraction car le feu n'existait
pas juridiquement.
Pas d'effet
rétroactif, mais une affaire jugée
tout de même. Dans notre édition du 8
novembre dernier, nous relations la
décision du maire de reconnaître par
arrêté municipal l'existence de tous
les feux tricolores de la ville.
Une décision qui
faisait suite à l'affaire d'un
automobiliste relaxé par la cour d'appel
de Reims, après avoir franchi un feu rouge
dans la cité des sacres. La raison : le
feu n'avait pas fait l'objet d'un
arrêté municipal.
La cour d'appel
s'était à l'époque basée
sur l'article 411-25 du code de la route, qui
indique que ? les mesures réglementaires
ne sont pas opposables aux usagers que si elles
ont fait l'objet de mesures de signalisation.
La condition préalable à toute mesure
de signalisation est une décision
réglementaire. Celle-ci doit être
régulièrement prise par
l'autorité compétente ?, donc la
mairie.
Le feu de la rue de
Reims
La mairie de Reims a
dû vérifier les conditions
d'existence de 1.500 feux. A Epernay, l'affaire
a donc fait école, notamment pour
éviter de telles contestations.
Cependant une automobiliste sparnacienne,
coupable d'avoir franchi un feu rouge rue de
Reims, en mars dernier, conteste aujourd'hui
l'infraction. Sa ligne de défense : le feu
n'avait pas d'existence officielle au moment
des faits.
? Un constat reconnu par le maire
lui-même qui a confirmé la chose par
courrier ? explique
Rémy
JOSSEAUME, juriste dans un cabinet d'avocats
parisien, spécialisé dans ce genre
d'affaires.
? Après pas mal de
difficultés, nous avons réussi à
avoir cette information. Aujourd'hui, nous
comptons bien aller jusqu'au bout. Jusqu'à
la cassation s'il le faut ?.
La cliente et son défenseur
seront fixés en décembre, lors de
l'audience du tribunal de police d'Epernay.
C'est le commissaire Albin Joly, officier du
ministère public qui statuera.
Il se prononcera bien entendu sur le droit.
Néanmoins, sur le fond, il a son avis : ?
si elle avait provoqué un accident,
même si le feu rouge n'existe pas, il y
aurait tout de même pu y avoir un mort
? explique-t-il.
Et il ajoute : ?
Certains automobilistes feraient mieux de
faire profil bas dans ce genre de
circonstances. D'autant que cette conductrice a
récolté une amende à 90 ? pour
son infraction. Les frais d'avocats sont sans
doute beaucoup plus élevés
?
FEU ROUGE :
RELAXE
par Antoine
JACQUET -
Journaliste
Edition du 19 janvier
2005
L'ARTICLE